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Les midis de la recherche : Mélot du Dy, polytraducteur

Publié le 2 septembre 2026 Mis à jour le 2 septembre 2026

Poète, animateur de la vie littéraire belge et traducteur prolifique, Robert Mélot, dit Mélot du Dy, reste aujourd’hui méconnu malgré l’importance de son œuvre. Dans une présentation exploratoire, Laurent Béghin revient sur son activité de traducteur, révélée notamment par les nombreux manuscrits conservés aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles.

Aujourd’hui négligé, Robert Mélot, mieux connu sous le pseudonyme de Mélot du Dy (1891-1956), fut une figure marquante des lettres belges d’expression française de l’entre-deux guerres. Poète, il donna plusieurs recueils chez Denoël et Gallimard. Cheville ouvrière de la vie littéraire belge des années vingt et trente, il fonda, avec Franz Hellens et Odilon-Jean Périer, Le disque vert (1922).

La traduction constitua une autre facette de son activité. Mélot du Dy procura en effet des versions françaises de nombreux poètes étrangers, traduisant – toujours en vers – de l’italien, de l’espagnol, du portugais, de l’anglais, du néerlandais et de l’allemand. Si quelques-unes de ses traductions parurent du vivant de l’auteur (deux volumes de 1943 et 1944 contenant respectivement Vingt-cinq sonnets de Shakespeare et des poèmes de Keats ; quelques extraits du Canzoniere de Pétrarque dans une livraison du Journal des Poètes de 1947 et, en 1953, une anthologie consacrée à la Brésilienne Cecília Meireles), beaucoup demeurent inédites. Les manuscrits de l’écrivain conservés aux Archives et Musée de la Littérature de Bruxelles permettent de mesurer l’ampleur de cette activité traductive : Le viol de Lucrèce et Tout est bien qui finit bien de Shakespeare, d’innombrables sonnets – un genre que le poète pratiqua volontiers – de Dante, Pétrarque, Michel-Ange, Philip Sidney, Luis de León, Pieter Hooft, August von Platen et bien d’autres encore, des fragments d’écrivains brésiliens des XIXe et XXe siècles, etc.

Avant d’étudier plus en profondeur l’œuvre du traducteur, il convient d’en déterminer les contours et d’examiner les liens qu’elle entretient avec la littérature de son temps. Ce sera l'objet de cette communication, dont le caractère se veut résolument exploratoire.

Laurent Béghin

Docteur en philosophie et lettres (UCL), Laurent Béghin enseigne la grammaire française, la langue et la littérature italiennes, l’histoire de la traduction ainsi que la traduction littéraire à l’Université Catholique de Louvain (faculté de traduction et interprétation Marie Haps [Bruxelles] et faculté d’arts et lettres [Louvain-la-Neuve]). Il est l’auteur d’études sur des phénomènes de transfert culturel, en particulier entre le monde slave (Russie, Pologne) et le monde roman (France, Belgique, Italie). Il a également consacré des ouvrages à plusieurs écrivains belges de langue française (Robert Vivier ou la religion de la vie, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique / Le cri, 2013 et Marcel Thiry. Essai de biographie, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises, 2025). On lui doit en outre de nombreuses traductions de l’italien (Beppe Fenoglio, Giacomo Leopardi, Arrigo Cajumi, Carolus Cergoly, Tiziana Colusso, etc.). Jusqu’en 2026, il a dirigé le centre de recherche TranSphères de la faculté de traduction et interprétation Marie Haps.

Illustration : Portrait de Mélot du Dy réalisé par André Lhot pour Hommeries (1924)

Date(s)
Le 5 novembre 2026

de 12h à 14h

Lieu(x)
Campus du Solbosch

Bâtiment U - Salle UD6.102

Contact
tradital@ulb.be : tradital@ulb.be