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Les midis de la recherche : Mélot du Dy, polytraducteur
Longtemps resté dans l’ombre, le poète et traducteur belge Mélot du Dy fut pourtant un acteur important de la vie littéraire francophone de l’entre-deux-guerres. Ce séminaire invite à redécouvrir cette œuvre méconnue et à explorer, à travers ses manuscrits, les circulations poétiques entre langues, littératures et cultures qui ont nourri son travail.
Aujourd’hui négligé, Robert Mélot, mieux connu sous le pseudonyme de Mélot du Dy (1891 1956), fut une figure marquante des lettres belges d’expression française de l’entre-deux guerres.
Poète, il donna plusieurs recueils chez Denoël et Gallimard. Cheville ouvrière de la vie littéraire belge des années vingt et trente, il fonda, avec Franz Hellens et Odilon-Jean Périer, Le disque vert (1922). La traduction constitua une autre facette de son activité. Mélot du Dy procura en effet des versions françaises de nombreux poètes étrangers, traduisant – toujours en vers – de l’italien, de l’espagnol, du portugais, de l’anglais, du néerlandais et de l’allemand. Si quelques-unes de ses traductions parurent du vivant de l’auteur (deux volumes de 1943 et 1944 contenant respectivement Vingt-cinq sonnets de Shakespeare et des poèmes de Keats ; quelques extraits du Canzoniere de Pétrarque dans une livraison du Journal des Poètes de 1947 et, en 1953, une anthologie consacrée à la Brésilienne Cecília Meireles), beaucoup demeurent inédites.
Les manuscrits de l’écrivain conservés aux Archives et Musée de la Littérature de Bruxelles permettent de mesurer l’ampleur de cette activité traductive : Le viol de Lucrèce et Tout est bien qui finit bien de Shakespeare, d’innombrables sonnets – un genre que le poète pratiqua volontiers – de Dante, Pétrarque, Michel-Ange, Philip Sidney, Luis de León, Pieter Hooft, August von Platen et bien d’autres encore, des fragments d’écrivains brésiliens des XIXe et XXe siècles, etc.
Avant d’étudier plus en profondeur l’œuvre du traducteur, il convient d’en déterminer les contours et d’examiner les liens qu’elle entretient avec la littérature de son temps. C’est ce que je me propose de faire dans cette communication, dont le caractère sera résolument exploratoire.
Laurent Beghin
Docteur en philosophie et lettres (UCL), Laurent Beghin enseigne la grammaire française, la langue et la littérature italiennes, l’histoire de la traduction ainsi que la traduction littéraire à l’Université Catholique de Louvain (faculté de traduction et interprétation Marie Haps [Bruxelles] et faculté d’arts et lettres [Louvain-la-Neuve]). Il est l’auteur d’études sur des phénomènes de transfert culturel, en particulier entre le monde slave (Russie, Pologne) et le monde roman (France, Belgique, Italie). Il a également consacré des ouvrages à plusieurs écrivains belges de langue française (Robert Vivier ou la religion de la vie, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique / Le cri, 2013 et Marcel Thiry. Essai de biographie, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises, 2025). On lui doit en outre de nombreuses traductions de l’italien (Beppe Fenoglio, Giacomo Leopardi, Arrigo Cajumi, Carolus Cergoly, Tiziana Colusso, etc.). Jusqu’en 2026, il a dirigé le centre de recherche TranSphères de la faculté de traduction et interprétation Marie Haps.
Illustration : Portrait de Mélot de Dy réalisé par André Lhote pour son ouvrage Hommeries (1924)
de 12h à 14h
Bâtiment U - Salle UD6.102